En marge des travaux de la 61e session ordinaire du Conseil d'Administration du Centre Africain de Formation et de Recherche Administratives pour le Développement (CAFRAD), le Ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative du Cameroun, M. Joseph LÉ, a été reçu en audience par la Professeure Amal El Fallah Seghrouchni, Ministre déléguée auprès du Chef du Gouvernement marocain, chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration, et Présidente en exercice dudit Conseil. Cet entretien bilatéral, qui s'est déroulé dans un climat d'excellente fraternité, a jeté les bases d'une coopération Sud-Sud redynamisée et résolument tournée vers la modernité technologique. Au-delà des simples civilités d'usage, cette rencontre a permis aux deux chefs de département ministériel de dessiner les contours d'une feuille de route commune visant à l'accélération de la transformation digitale des services publics, en s'appuyant mutuellement sur leurs réussites technologiques nationales et sur une vision partagée de la souveraineté numérique africaine.
La reconnaissance du progiciel AIGLES comme modèle d'innovation souveraine…
Au cœur de ces échanges denses et techniques a figuré le progiciel camerounais AIGLES (Application intégrée de gestion logique des effectifs et de la solde), une innovation technologique majeure portée par le Gouvernement camerounais. Le Ministre Joseph LÉ a exposé avec précision l'architecture et l'impact de cet outil souverain, conçu conformément aux très hautes directives du Chef de l'État, S.E. Paul BIYA, pour assainir durablement le fichier des agents publics, maîtriser la masse salariale et automatiser de bout en bout les processus de gestion des carrières de ceux-ci. Captivée par l'ingéniosité de ce dispositif qui répond à l'un des défis majeurs des finances publiques en Afrique, la Professeure Amal El Fallah Seghrouchni a vivement salué l'audace et l'expertise technique des ingénieurs à pied d’œuvre. La ministre marocaine a souligné que le progiciel AIGLES constitue une véritable référence continentale en matière d'ingénierie administrative locale, illustrant parfaitement la capacité des États africains à concevoir des solutions technologiques endogènes, performantes et hautement adaptées aux réalités de gouvernance du continent, sans dépendre systématiquement des solutions importées d'Occident.
La prospective de l'intelligence artificielle pour humaniser le service public…
La discussion a ensuite pris une dimension résolument prospective avec l'intégration de l'Intelligence Artificielle (IA) comme levier incontournable de l'administration du futur. Spécialiste de renommée mondiale en la matière et fervente avocate d'une technologie inclusive, la ministre marocaine a partagé sa vision d'une « IA éthique et souveraine » qui doit être mise au service de l'usager africain pour simplifier sa relation quotidienne avec l'État. Le Ministre Joseph LÉ et son homologue marocaine ont ainsi exploré les pistes d'une implémentation concrète de l'intelligence artificielle dans les processus administratifs, notamment à travers l'automatisation intelligente des tâches répétitives et la réduction des délais de traitement des dossiers complexes tels que les retraites ou les reclassements. En combinant l'intelligence artificielle et l'exploitation intelligente des bases de données publiques, les deux membres du Gouvernement ambitionnent de passer d'une administration purement réactive à une gouvernance prédictive et de proximité, capable d'anticiper les besoins des citoyens, d'optimiser les ressources de l'État et de garantir une transparence totale dans l'offre de service public.
L'impératif de la cybersécurité pour ériger un bouclier numérique commun…
Cependant, les deux délégations ont unanimement reconnu que cette transition massive vers le numérique et l'intelligence artificielle ne peut se concevoir sans une réflexion approfondie sur les menaces sécuritaires associées. Le Ministre Joseph LÉ et la Professeure Amal El Fallah Seghrouchni ont longuement insisté sur l’urgence absolue de dresser des remparts inviolables contre la cybercriminalité, qui cible de plus en plus les infrastructures critiques des États africains. Face aux risques de piratage, de vol d'identités administratives et de fuite de données sensibles, le renforcement de la cybersécurité a été érigé en priorité stratégique absolue par les deux parties. Ils ont convenu de la nécessité de mettre en place des politiques rigoureuses de protection des données à caractère personnel des agents publics et des usagers. À cet égard, le Maroc, qui bénéficie d'une avance technologique et d'un cadre réglementaire très solide dans ce domaine, s'est engagé à accompagner le Cameroun par le biais de transferts de compétences, d'échanges réguliers de bonnes pratiques entre experts en sécurité informatique et de sessions de formation spécialisées pour les ingénieurs camerounais, scellant ainsi un pacte de protection numérique mutuelle.
Une alliance d'avenir pour propulser l'excellence administrative en Afrique…
En conclusion de cette audience, les deux personnalités ont réitéré leur ferme volonté de traduire ces convergences de vues en projets d'accords bilatéraux concrets, matérialisant ainsi la vision d'une Afrique unie par la technologie et la solidarité institutionnelle. Pour le Ministre Joseph LÉ, cette rencontre de Rabat n'est pas seulement le prolongement des travaux du CAFRAD, mais le point de départ d'une alliance technologique durable entre Yaoundé et Rabat. En unissant l'audace applicative du Cameroun à l'expertise d'avant-garde du Maroc en matière d'IA et de cybersécurité, les deux nations démontrent avec force que la coopération Sud-Sud est le moteur le plus fiable, le plus pragmatique et le plus souverain pour propulser l'Afrique dans l'ère de l'administration intelligente et de l'excellence publique./-


